Souvent, le matériel de vote électronique est un ordinateur sur mesure (parfois appelé "propriétaire") et maitrisé uniquement par son constructeur qui est alors le seul à pouvoir écrire un logiciel fonctionnant sur celui-ci ou pouvant garantir son fonctionnement et/ou entretien.
Dans ce cas, même en étant propriétaire du matériel, les pouvoirs publics sont dépendants du fournisseur pour toutes les mises à jour du logiciel et n’est pas nécessairement dans une position de force pour négocier les prix à la baisse.
Le nouveau système de vote électronique qui est en train d’être adopté en Flandre et à Bruxelles semble être dans ce cas.
Avec le vote électronique par carte magnétique tel qu’il a été pratiqué depuis presque 20 ans en Belgique, le matériel est pour la grande majorité des ordinateurs PC standards qui tournent comme système opératoire une version du vieux MS-DOS.
Bref, de nombreuses sociétés devraient être capables d’assurer l’entretien du matériel et/ou de reprendre le code des logiciels de vote électronique, qui est public, et y apporter des modifications. Pour rendre la situation encore moins périlleuse pour les pouvoirs public, il existe deux fournisseurs de matériel et de logiciel qui sont assez similaires, sauf pour ce qui est de l’urne électronique : JITES et DIGIVOTE. Et les deux systèmes utilisent les même lecteurs de carte magnétique, les même crayons optiques, le même format de données, ...
Pratiquement, pour préparer les élections communales de 2006, la Région Wallone et la Région Bruxelloise ont trouvé, par appel d’offre, un fournisseur unique pour un logiciel électoral fonctionnant sur les deux types de systèmes. Elles ont donc pu augmenter la taille du marché et faire marcher la concurrence pour trouver le meilleur rapport qualité prix entre les sociétés capables de faire fonctionner ces ordinateurs de vote.
Dans la deuxième partie du rapport BeVoting, les universitaires expliquent bien à partir de la page 34 au point "5.2.4.1 Composants des systèmes informatiques" les différences, avantages et inconvénients d’un "ordinateur sur mesure" par opposition à un "ordinateur standard".
Sauf preuve du contraire, les prototypes "Smartmatic" présentés le 27 octobre 2011, pour ce qui est des machines d’isoloir, semblent être des ordinateurs sur mesure avec tous les problèmes que cela suppose pour les autorités, mais aussi pour les experts voulant analyser le système.
Quelques exemples de problèmes potentiels :
Si les problèmes actuels de la région de Bruxelles Capitale ne suffisent pas, Bruxelles aurait des problèmes avec le fournisseur de son vieux système de vote électronique, des cas à l’étranger peuvent nous aider à réfléchir :
Avec le vote papier, on n’est pas lié à un fournisseur. On peut changer de type de papier, d’imprimeur, de fournisseur de crayons ou d’urne quand on veut. Ce genre de matériel n’est pas difficile à tester et ne nécessite pas d’être agréé en suivant des procédures complexes et fort couteuses.

Page 34 et 35 de la deuxième partie de “l’Etude du vote automatisé Def. Vs 18122006” Version 1.02 4 décembre 2007