01/10/2025: Voter avec du papier et un crayon
... mais c’est très simple !
Le vote électronique a été imposé à de nombreux citoyens belges avec des arguments, peut-être sincères il y a 34 ans (!), qui se sont révélés faux à l’usage. Le vote électronique n’est pas toujours plus rapide que le vote papier, mais il est toujours plus cher. Il n’est qu’en apparence facilité pour les électeurs, car on ne compte nulle part le nombre de cas où le citoyen, perdu devant la machine, doit faire appel au président (ou à un assesseur) du bureau de vote. Que sait-on réellement de la fracture numérique et de la probité des aidants ?
On invoque aussi souvent l’impossibilité de réaliser des bulletins de vote papier à la taille des innombrables candidats aux élections régionales bruxelloises. Nous allons montrer que c’est un faux problème.
On n’entrera pas ici dans la discussion de l’opportunité d’avoir ou non un Parlement bruxellois pléthorique. Est-il cependant possible de voter pour ses 89 membres avec un bulletin-papier vu le nombre de listes présentes à chaque scrutin ?
La réponse est simple, surtout si l’on s’intéresse à la façon de voter avec des bulletins en papier dans d’autres pays démocratiques, comme la France par exemple.
Les bulletins
Au lieu d’avoir un seul bulletin de vote reprenant des centaines de noms (ou seulement quelques dizaines, comme pour les scrutins européens, fédéraux et communaux), il est mis à la disposition des électeurs dans le bureau de vote autant de bulletins-papier qu’il y a de listes en présence. Ceux-ci sont disposés sur une table, entre le bureau des assesseurs et les isoloirs. En France aujourd’hui, les électeurs peuvent même imprimer leur bulletin préféré à la maison et l’utiliser à la place des bulletins disposés dans le bureau de vote. Les électeurs (qui n’ont pas imprimé leur bulletin à la maison) choisissent au moins deux bulletins sur la table pour garantir le secret du vote puisque toute personne présente dans le bureau de vote peut voir les bulletins choisis (mais personne ne sait quel bulletin sera glissé dans l’urne).
Dans l’isoloir
Dans l’isoloir, l’électeur commence par mettre de côté les bulletins inutiles, puis il plie ensuite le bulletin sélectionné, le met dans une enveloppe et puis sort pour le glisser dans l’urne. C’est tout.
Comptage
Le dépouillement, réalisé dans le bureau de vote (gain de temps important), se passe en trois phases. On ouvre l’urne, et on compte les bulletins et les signatures du registre d’émargement. Ensuite, si les 2 nombres correspondent, on fait le comptage des bulletins par centaines avec 4 scrutateurs. Enfin, on totalise ensuite les résultats de chaque centaine pour chaque liste, et on communique le résultat au Ministère de l’intérieur avant le JT du soir. En une à deux heures tout est terminé, et on est prêt à attendre quelques mois la formation d’un gouvernement issu du scrutin. Peut-on être plus rapide ?
Post scriptum
On ajoutera, pour les fondus de "technologie" mais moins regardants sur les coûts, qu’on peut acheter, pour les quelques bureaux de dépouillement seulement, d’assez simples machines à compter, du genre de petites photocopieuses, dans lesquelles on glissera les bulletins (tous en format A4) qui seront traités encore plus rapidement (si c’est vraiment nécessaire), réalisant en une seule passe toutes les opérations décrites plus haut (même sans recours à ChatGPT). Des tests de lecture optique ont été réalisés en Belgique entre 2000 et 2003 dont les résultats furent aussi probants par le Collège d’experts qu’ignorés par les décideurs politiques, plus sensibles aux arguments des commerciaux de la firme Smartmatic.

FR
NL 



