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20/12/2025: Guerre hybride et machines à voter

Tous aux abris


Jusqu’à récemment, les attaques sur les ordinateurs électoraux belges, en particulier celles provenant de l’étranger, relevaient du pur fantasme. Il semblait improbable que quiconque ait intérêt à perturber le déroulement des élections belges. Cependant, le contexte actuel de « guerre hybride » pourrait bien changer la donne. La Belgique, notamment en raison de son rôle dans l’hébergement d’importants fonds appartenant à des États étrangers ou à certains de leurs citoyens fortunés, mais aussi comme siège de nombreuses structures internationales sensibles, se retrouve exposée.

Il est donc légitime de s’interroger sur la pertinence de mettre en place, ou de maintenir, une infrastructure informatisée pour organiser nos élections. Cette infrastructure, bien que non nécessaire, devient cruciale si elle est utilisée à cet effet. La guerre hybride se caractérise par sa capacité à se manifester de manière inattendue, tant en termes de lieux et de moments que de moyens. À titre de comparaison, on peut citer l’acquisition par les autorités belges de nombreux et coûteux chasseurs-bombardiers capables de transporter des missiles nucléaires américains. Or, les conflits actuels montrent que les drones, bien moins chers, sont les armes privilégiées que l’on n’attendait pas et que ces avions s’avèrent totalement inefficaces contre eux, ou pour autre chose. Les rois de la cryptographie sont impuissants en cas de simple panne de courant.

Si nous ne pouvons prédire si et comment des moyens « hybrides » seraient utilisés contre notre pays pour des raisons sans rapport avec nos élections (probablement incompréhensibles pour les observateurs étrangers), il est en revanche plausible que saboter nos systèmes électoraux ne soit pas un objectif impossible à atteindre. Ce ne serait pas plus difficile que d’arrêter des centrifugeuses à combustible nucléaire non connectées aux réseaux, ou pour les autorités d’un pays d’Afrique du Nord d’enregistrer les conversations téléphoniques du Président d’une république voisine. Et on peut se trouver totalement démuni si le défaut apparaît sur un élément dont on ne soupçonnait pas l’importance, à l’image du blocage récent de nombreux sites, pourtant hyper-réputés sur le plan technique, à cause d’un "sous-traitant" (Voir la panne totale de X suite à un problème chez Cloudflare).

En bref, si nous ne voulons pas exposer nos machines à voter aux risques potentiels, il suffirait peut-être simplement de ne pas en utiliser. Le vote papier a fait ses preuves en Wallonie et dans de nombreuses communes flamandes, et bien sûr chez tous nos voisins. Il est totalement à l’abri des pannes de réseaux de données ou électriques, des écoutes ou des explosions de matériel, pour ne citer que les vulnérabilités les plus courantes.
Face aux nouvelles menaces géopolitiques contemporaines, n’oublions pas de protéger aussi notre système démocratique.