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16/01/2026: Wallonie : retour... vers le passé ?

Sur l’annonce du retour au vote électronique en Wallonie


C’est avec consternation que les membres de l’association citoyenne PourEVA ont appris que le gouvernement wallon s’obstinait dans sa volonté de réintroduire le vote électronique en Wallonie alors qu’il avait été abandonné, à la satisfaction générale, depuis plusieurs années.

Nous notons dans les arguments repris que ce gouvernement a discrètement abandonné l’argument fallacieux du “moins cher” puisque l’on sait depuis longtemps que le vote par ordinateur coûte au moins trois fois plus cher que le vote papier ; personne ne dispose d’ailleurs de chiffres précis à ce sujet car les divers gouvernements belges ont toujours jeté un voile pudique quant au coût réel de ce mode de scrutin.

Ils n’hésitent pas par ailleurs à recourir à divers arguments aussi faux que ridicules. Que le vote électronique soit plus fiable est faux. Si le vote papier présente parfois quelques rares défauts, le vote électronique ne présente pas de garanties de fiabilité absolue non plus. Même si quelques précautions sont prises, le mode de diffusion d’informations substantielles quant à sa nature et son fonctionnement ne permet à personne de vérifier ladite fiabilité. Au moins apprend-on en cas de catastrophe, comme en 2014 (2250 votes d’électeurs annulés), que ce mode de scrutin est, au moins, aussi aléatoire que le vote papier (qui, lui, peut être contrôlé et vérifié par des citoyens ordinaires et pas des “experts”).

L’argument de la rapidité est ridicule. En quoi le soi-disant “retard” du vote papier en Wallonie a-t-il retardé la formation de son exécutif ? À Bruxelles, où le vote électronique est généralisé, on attend toujours la formation d’un exécutif plus de 560 jours après le scrutin.

Quant au fait que le vote par ordinateur serait plus simple, c’est une assertion parfaitement gratuite. Aucune étude n’a jamais été faite sur cette “simplicité” dans les bureaux de vote. Nombre de présidents de bureaux de vote ont rapporté qu’il leur arrivait souvent, à eux ou aux assesseurs présents, de devoir pratiquement se substituer à des électeurs désemparés pour leur permettre d’accomplir leur devoir électoral.

La question du “moins cher” apparaît cependant en filigrane dans l’annonce puisque il est rapporté que le gouvernement wallon garantit aux communes “la neutralité budgétaire de la mise en place de ce vote électronique”. Autrement dit, le surcoût, sans doute important (le vote électronique coûte beaucoup plus cher à l’investissement et à l’utilisation !), de cette mesure technocratique sera pris en charge par le budget régional, aux dépens des Wallons, au lieu d’être pris en charge par les budgets communaux, aux dépens des Wallons. On se moque du citoyen...

Un autre problème majeur se pose cependant. Le gouvernement wallon décide de réintroduire le vote par ordinateur tout en ne sachant pas de quoi il parle puisqu’il n’y aura plus de système de vote électronique agréé dès 2027. Le système Smartmatic actuel ne sera en effet plus couvert. Malgré les diverses alertes lancées dans le pays, rien de concret n’a encore été fait. Les services du ministre de l’Intérieur ne répondent pas à nos sollicitations à ce sujet. Par ailleurs, même les défenseurs de principe du vote électronique, parmi lesquels nous ne nous comptons pas, ont bien mis en avant tous les défauts de fiabilité du système actuel. Les services du ministre Quintin laissent cependant entendre qu’à défaut d’avoir défini, commandé, vérifié et mis en place un nouveau système, on pourrait se rabattre sur le renouvellement de l’ancien contrat de fourniture du système décrié par tous les experts.

Le gouvernement Wallon signe donc un chèque en blanc pour un recul démocratique, sans savoir où il va ni ce qu’il va acheter.